Pistolet à blanc : A qui est-ce destiné ?

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Pistolet à blanc

Vous le savez sûrement : le pistolet à blanc ne tire pas de balles réelles, mais des cartouches à blanc. Également appelé pistolet d’alarme, il est en fait la reproduction d’une véritable arme à feu létale.

Il est en effet possible d’acquérir presque tous les modèles de pistolets véritables en version à blanc, la différence résidant principalement dans le canon – modifié chez le pistolet à blanc, de manière à ne pas laisser passer une cartouche réelle. Attention : bien que les cartouches à blanc ne comportent pas de projectiles, l’utilisation d’un pistolet à blanc n’est pas sans danger. Alors, à qui s’adresse ce type d’arme ? Quelles en sont les caractéristiques ? Quelles précautions d’emploi ? Réponses ci-dessous.

1 – Législation : achat, détention, port

En France, le pistolet à blanc est classé dans la catégorie D des armes (7ème catégorie), qui ne sont pas létales. Rappel : les armes sont catégorisées en 4 groupes, selon le danger qu’elles représentent.

Un pistolet à blanc (encore appelé pistolet d’alarme ou pistolet de défense) est par conséquent sous régime de vente libre. Il n’est pas soumis à déclaration auprès de la préfecture, cependant un enregistrement est réalisé au moment de son achat. La seule condition lors de l’achat est votre âge : vous devez être majeur et présenter votre carte d’identité.

Où pouvez-vous en acheter ? Sur une armurerie en ligne, chez un armurier classique ou chez un revendeur d’équipements de défense et de sécurité. Son prix varie en fonction du niveau de finition (allant du petit canon à finition standard à un rendu fidèle trait pour trait, en passant par les finitions bronzées) et de l’arme originale dont il est la reproduction (plus l’original est fameux, plus la réplique est chère).

Le port libre d’un pistolet d’alarme est interdit. Son transport est également encadré : le motif de transport doit être légitime, et doit se faire dans une mallette fermée, séparément des munitions.

2 – A qui est-il destiné ?

D’abord aux particuliers qui souhaitent disposer d’une arme de défense à leur domicile. Aucun projectile n’est expulsé lors du tir, mais il émet une détonation identique à un pistolet véritable (niveau sonore proche des 130 décibels) et le canon produit une nuée de fumée. Il est donc en premier lieu dissuasif en cas de tentative d’intrusion et sert à alerter votre voisinage. La détonation d’un tir à blanc peut causer des lésions à l’oreille interne, et la combustion qui se produit en bout du canon est susceptible de brûler un individu placé suffisamment près. Outre les munitions à blanc classiques, d’autres types de munitions sont disponibles sur le marché :

– Des cartouches libérant au moment de leur détonation des substances incapacitantes ou irritantes (gaz lacrymogène, gaz CS, gaz CN, gaz poivré, …), pouvant être projetées à plusieurs mètres,

– Des cartouches flash, conçues pour émettre une flamme améliorée,

– Des cartouches-fusées crépitantes utilisées comme signalement de détresse,

Enfin le pistolet à blanc est l’arme de prédilection de l’industrie cinématographique. Les armes à feu ne pouvant être utilisées lors des tournages de scènes de fusillade et des reconstitutions historiques, les pistolets à blanc sont des substituts idéaux, dans la mesure où le rendu pyrotechnique des détonations et des fumées est très réaliste. Une équipe de tournage comprend presque toujours un accessoiriste armurier, tel que l’impose la réglementation européenne pour les productions cinématographiques.

3 – Pistolet à blanc vs Revolver à blanc

A l’instar des armes de poing létales, on distingue le pistolet et le revolver. Vous vous demandez sûrement quelle est la différence ?

Un pistolet opère de manière semi-automatique. Au niveau de la crosse, se loge un chargeur, qui contient entre 8 et 11 cartouches à blanc. A chaque fois que vous tirez, la glissière fait un mouvement vers l’arrière, éjecte la douille vide du tir précédent, récupère une munition du chargeur, revient vers l’avant de l’arme – l’arme est alors rechargée, prête à tirer de nouveau. C’est l’arme que vous voyez le plus souvent reproduite dans le cinéma actuel.

Un revolver, quant à lui, est doté d’un barillet à 6 cartouches. De forme cylindrique, c’est lui qui contient les cartouches dans des trous. Après chaque tir, le barillet tourne (d’où le nom de « revolver »), et place une nouvelle munition dans l’axe de l’arme. C’est l’arme typique des westerns.

Qu’il s’agisse d’un pistolet à blanc ou d’un revolver à blanc, l’objectif est de reproduire aussi fidèlement que possible les traits ainsi que le rendu visuel et pyrotechnique de l’arme originale. Lorsque vous achetez une arme à blanc, les caractéristiques suivantes vous sont alors demandées par votre armurier :

– Ergonomie : revolver ou pistolet ?

– Finition : argentée, noire, bronzée ?

– Canon : quelle longueur ?

– Chargeur / Barillet : quelle capacité ?

– Poids : suivant corpulence du titulaire

– Dimensions

– Niveau sonore

4 – Pistolet à blanc : calibres et usages

Petit rappel : le calibre d’une arme désigne le diamètre de ses projectiles (parfois de son canon). En effet, une cartouche est composée d’un étui (que l’on appelle également douille) qui contient la poudre et le projectile, puis d’une amorce. Lors d’un tir, le percuteur vient frapper l’amorce, cette dernière venant alors allumer la poudre, qui à son tour produit par sa combustion une très forte pression, propulsant le projectile (que l’on appelle également ogive) hors du canon. Se produisent alors une détonation et l’émission d’un nuage de fumée en bout de canon.

Pour un pistolet à blanc, un calibre de munition important est synonyme de détonation accrue et de quantités supérieures de gaz de combustion. Les munitions à blanc sont disponibles en calibres 6 mm, 8 mm, 9 mm et 12 mm.

Une cartouche à blanc contient de la poudre compressée, exactement comme une cartouche offensive. Cependant, aucune ogive métallique n’est propulsée lors de l’explosion. En effet, alors que la cartouche offensive est fermée par une ogive, une cartouche à blanc est recouverte par un bouchon en plastique qui s’ouvre au moment de la détonation. Le principe de fonctionnement est le même : percussion centrale / annulaire.

Les munitions pour pistolets sont signalées par le sigle PAK, contrairement à celles pour revolvers dont les références contenant un R.

5 – Quelques précautions

Comme décrit précédemment, l’utilisation d’un pistolet de défense n’est pas sans danger. Il doit également être correctement entretenu. Si vous envisagez l’achat de ce type d’arme, voici 3 conseils :

– Conservez votre pistolet à l’abri, autant pour le mettre hors de portée de vos enfants, que pour préserver son bon fonctionnement (appliquer un léger film d’huile est généralement conseillé pour lui éviter un début d’oxydation),

– Ne tentez pas de bricoler ou de le modifier. En effet, la glissière des pistolets à blanc est faite en Zamak et non en Acier. Le Zamak est un alliage économique industriel d’aluminium, de zinc, de cuivre et de magnésium, conçu pour résister à la pression d’une cartouche à blanc (environ 500 bars pour un 9 mm PAK) mais pas à celle d’une cartouche classique (environ 2500 bars !). N’essayez pas de modifier une quelconque pièce de votre pistolet ou de le démonter : les mécanismes sont complexes, et vous devrez vous limiter à un démontage sommaire,

– N’utilisez enfin que les munitions recommandées par le fabricant et votre armurier. Des cartouches au calibre inapproprié, avec une amorce non compatible, ou mal insérées sont autant de risques de destruction de votre pistolet, et de blessure grave.