Que faire en cas de harcèlement moral au travail ?

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harcèlement moral

Si le lundi en réjouit certains, il peut aussi en tétaniser d’autres à l’idée de reprendre le boulot. Moqueries, humiliation, surcharge de travail, intimidation ou mise au placard, un salarié sur trois se sent victime de violence psychologique au travail de la part de son supérieur, de ses collègues ou encore de ses subordonnés. Véritable source de mal-être social, le harcèlement au travail peut affecter votre vie professionnelle et même personnelle.

Alors qui sont ceux qui s’adonnent à ce dédit ? Comment y faire face et de quelle façon le prouver ?

Qu’est ce qui caractérise un harcèlement psychologique au travail ?

On parle de harcèlement souvent lorsqu’il y a des salariés qui subissent des abus, des humiliations ou des menaces qui se répètent délibérément, souvent sur leur lieu de travail ou dans des situations liées au travail. Dans le droit du travail, le législateur a définit le harcèlement moral comme étant « un salarié qui subit des agissements répétés de violences psychologique. Ceux-ci ont pour objet ou pour effet la dégradation des conditions de travail, susceptibles de porter atteinte à ses droits, à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ». On en déduit que la violence psychologique au travail a été définit en fonction de ses conséquences.
En général, une victime de violence psychologique n’est pas consciente de ce qui est en train de se mettre en place. C’est en général une personne qui n’a pas d’esprit pervers, narcissique ou manipulateur et qui fait consciencieusement son travail. La violence psychologique est un processus extrêmement long et insidieux qui fait que la victime elle-même prend beaucoup de temps avant de se rendre compte qu’elle n’est pas le problème.

Il convient de préciser qu’il n y a pas de catégories socioprofessionnelles pour être victime de souffrance psychologique au travail. Il ne s’agit pas de gens intelligents ou d’instinct de survie ou de fragilité. Tout le monde peut être victime de violences psychologiques à un moment dans sa vie.

Les différents types et profils de harceleurs psychologiques

Le harceleur peut ne pas être seulement un harceleur hiérarchique. Il peut s’agir également d’un groupe de personnes qui font subir des pressions psychologiques à leurs employés. Citons à titre d’exemple le phénomène de la pression à la conformité ou l’effet mouton qui se manifeste lorsqu’une personne modifie sa position dans la direction de la position d’un groupe. La violence psychologique peut également faire partie d’une stratégie managériale d’une administration ou d’un grand groupe. Dans ce dernier cas, la violence est très dure à comprendre et à justifier, du moment qu’on ne peut pas savoir qui est exactement le harceleur.

En voulant catégoriser les harceleurs psychologiques, il y a le pervers dont l’intention est nourrie par l’envie de nuire à l’autre pour des tas de raisons. Il y a le profil agressif, assez courant dans le milieu du travail où il n y a pas forcément l’intention de nuire à l’autre, mais plutôt une peur qui génère un comportement agressif et qui fait que finalement, on écrase l’autre. Ensuite, il y a la volonté de pousser les gens à bout, tout simplement pour qu’ils quittent d’eux même le groupe ou l’administration.

Pourquoi le nombre de plaintes contre le harcèlement psychologique est-il en diminution ?

En déposant plainte, le plaignant s’expose à l’ostracisme complet de son entourage. Il faut savoir que la procédure prévoit d’abord de s’adresser à un service de médiation qui est généralement le conseillé en prévention de l’entreprise. Ce conseillé est soit interne, soit externe, mais qui est rémunéré par l’entreprise qui l’emploie. Donc, il n’a pas d’avis contraignants. Le conseillé en prévention n’est donc pas indépendant des intérêts de l’entreprise et a une tendance à nier le harcèlement au travail.

Si malgré tout, la violence et si violente qu’elle s’impose à l’observation de tout un chacun, le plaignant n’est pour autant pas endommagé et il n y a qu’un constat d’existence de violence psychologique. Ainsi, il faut être très volontaire et un peu fou ou bien trop désespéré pour déposer plainte. D’un autre côté, déposer plainte s’avère être un véritable parcours du combattant que les gens sont tellement découragés de le faire !

Comment faire valoir ses droits si vous estimez être harcelé sur votre lieu de travail ?

Lorsqu’un salarié prétend être harcelé ; il va devoir démontrer l’existence d’agissements répétés qui s’inscrivent sur la durée. Si vous souhaitez agir en justice, le juge vous demandera d’apporter des éléments de preuves. Il est ainsi conseillé d’obtenir par écrit des attestations de témoins directes de situations ou de conversations, caractérisant la violence psychologique, ou encore d’archiver des SMS ou des e-mails mettant en lumière une pression démesurée des ordres, ou encore de conserver précieusement des lettres recommandées adressées à votre employeur, dénonçant la situation de harcèlement au travail.

Pour établir le lien de causalité entre l’état de santé et les agissements violents, demandez à votre médecin de vous prescrire un certificat médical et si vous prenez des antidépresseurs et des anxiolytiques, conservez vos ordonnances. Pour prouver les faits, qui selon vous, laissent présumer l’existence d’une situation de violence psychologique, sachez aussi qu’il est important de rassembler des éléments qui prouvent la qualité de votre travail (e-mails de remerciements ou de félicitations émanant de vos clients, copie de vos agendas professionnels, résultats de vos évaluations ou attestations émanant de vos collègues actuels ou de vos anciens employeurs).

Quelles sont les démarches à effectuer ?

Surtout, n’attendez pas pour agir ! Adressez à votre employeur un courrier recommandé ou un courriel en dénonçant la situation de violence psychologique dont vous êtes victime. Expliquez précisément mais brièvement cette situation en sollicitant de votre employeur qu’il mette un terme immédiatement à la situation. Il est vivement conseillé également de consulter votre médecin traitant qui vous prescrira éventuellement des médicaments. Vous pouvez aussi consulter le médecin du travail pour constater votre état de santé ; ce dernier, même s’il n’est pas témoin de votre agression morale, il est témoin de votre souffrance. Éventuellement, vous pouvez avoir recours à l’inspection du travail, en leur envoyant un courrier expliquant votre situation.

Si malgré tout votre employeur ne réagit pas, vous pouvez envisager le conseil de prud’hommes pour obtenir l’indemnisation de préjudice ou bien engager une procédure pénale, en déposant une plainte auprès du tribunal de grande instance, puisque la violence psychologique est un délit qui est prévu par le code pénal. L’employeur encourt jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende.

Enfin, n’oubliez pas que le code du travail est là pour vous protéger, d’où l’importance d’avoir recours aux conseils d’un expert.