Les nouveaux produits biologiques permettent d’élargir le spectre thérapeutique de l’asthme

Les facteurs de succès des symposiums de l’industrie dans une contribution au Congrès DGP sont les orateurs éminents et la pertinence pratique. Un symposium pharmaceutique oral s’est tenu en fin d’après-midi. Il était présidé par le professeur Tobias Welte de l’école de médecine de Hanovre, qui a également commencé par un “Pneumo Update 2017” sur l’asthme et la BPCO.

Dans sa présentation de 25 minutes, M. Welte a parlé, sous une forme assez condensée, des nouveaux aspects de la recherche sur la pathogénie, des études pertinentes sur les médicaments et des recommandations GINA et GOLD. Une grande partie de ce phénomène est plus ou moins connue, et les principaux points ont déjà été abordés.

Avantage de l'”avis d’expert” de GINA et GOLD : l’actualité !

La référence est le  GINA ou Initiative mondiale contre l’asthme et GOLD ou Initiative mondiale pour les maladies pulmonaires obstructives chroniques. Ce ne sont pas des lignes directrices, mais plutôt des avis d’experts.

Ces recommandations internationales sont précieuses comme guide, surtout si l’on connaît leur contexte politique ou mondial. Par exemple en ce qui concerne la pratique de la manipulation facile des antibiotiques macrolides aux États-Unis ou l’importance de la théophylline comme médicament abordable dans les pays pauvres.

Elles présentent surtout un avantage majeur par rapport aux lignes directrices nationales : elles sont à jour. La validité de la directive allemande sur l’asthme a expiré depuis longtemps ; sa nouvelle version sera finalement publiée “après 10 ans”, déclare M. Welte.

2016 : “année réussie pour l’asthme”.

Du point de vue de l’expert, l’année 2016 était asthmatique. Avec le mépolizumab, un produit était dirigé contre l’interleukine 5, un deuxième produit biologique a été inclus dans la recommandation du GINA. La place assignée est au niveau 5, pour l’asthme sévère. Cela touche un pourcentage de patients, dont la moitié ne peut pas contrôler la maladie en raison d’un manque d’observance.

Contrairement au G-BA, Welte a décrit le bénéfice que le mépolizumab offre aux patients présentant des niveaux élevés d’éosinophiles comme “considérable”, et dose-dépendant : “0 ou nul ” à 150cellules/µl, “bon” à 300 cellules/µl et “très bon” à 1 000 cellules/µl.

Un autre anticorps anti-IL-5, le Reslizumab, est appliqué par voie intraveineuse et en dosage pondéral. Si cela fonctionne, “les patients peuvent le dire après trois semaines”, a déclaré M. Welte. Avec la bonne sélection des patients, le taux d’exacerbation peut être réduit de 50 %.

Contrairement au mépolizumab et au reslizumab, le benralizumab agit directement sur le récepteur Il-5. (Selon une analogie politique du professeur MHH, cela correspond du “système Erdogan”. Alors que le blocus direct d’interleukine correspond à l’interception de courriers par la NSA). Selon M. Welte, un avantage possible de la conformité est la demande à domicile toutes les huit semaines, ce qui évite de devoir consulter le médecin.

Une autre stratégie est le blocus de l’IL-13. Il est dirigé contre l’activité des fibroblastes et appelé remodelage, agit contre les processus de remodelage des voies respiratoires. La périostite sert de marqueur de l’activité des fibroblastes : si la concentration en périostite est faible, il en va de même pour l’effet anti-IL-13, et vice versa. Cette approche fonctionne, donc, principalement contre l’obstruction des voies respiratoires et moins contre l’inflammation. Cela soulève la question du bénéfice potentiel d’une combinaison de produits biologiques – qui reste ouverte pour le moment …

Un nouveau débat sur l’importance des produits biologiques lorsque les prix baissent ?

Parmi les autres produits biologiques encore en course, M. Welte a mentionné l’anticorps monoclonal Dupilumab. Le dupilumab se lie à la sous-unité α identique des récepteurs IL-4 et IL-13 et bloque ainsi les deux cytokines (IL4 et IL 13) dans l’activation des cellules B. Cela a un effet positif sur la fonction pulmonaire et le taux d’exacerbation. L’approbation pour la neurodermite, la polypose nasale et l’asthme est attendue. Addendum : Fin mars, le dupilumab a été approuvé par la FDA pour le traitement des adultes souffrant de dermatite atopique modérée.

En plus des succès thérapeutiques, les produits biologiques ont également contribué aux progrès de la compréhension physiopathologique. Ces médicaments innovants sont encore assez chers. Toutefois, avec l’accroissement de la concurrence et le temps, les prix vont probablement baisser. M. Welte s’attend ensuite à une discussion sur l’importance des produits biologiques par rapport à la combinaison LABA/ICS, même dans les formes moins graves d’asthme.